La Création du Son

 L'Oreille éduquée

La flûte traversière


La pratique approfondie d'un instrument de musique éduque et affine l'oreille. 

  

A 8 ans, j'apprends la flûte.

La première chose à faire est d'arriver à sortir un son. Un son correct.

Puis il faut que ce son sorte avec des nuances (ce que l'ingénieur du son appellera la dynamique).

Je deviens, petit à petit, capable de réaliser que les autres flûtistes peuvent avoir un son différent du mien. Donc je commence à réaliser que le son de ma flûte ne sort pas d'une touche d'un synthétiseur mais que je le façonne moi-même. C'est à force d'écoute, de sensations, que le son commence à se créer comme je l'aime. Je commence à trouver des couleurs, en plus des nuances...

 

Je recherche le son des héros que j'admire ; j'écoute et j'enregistre la radio, je vais à la médiathèque (ou chez le disquaire) chercher des CD (disques vinyles au début !), je vais au concert... Bref je m'éveille au monde extérieur !

 

Après avoir apprécié, je reconnais le son de mes stars préférées puis je finis par les reconnaître dès... leur première note ! Ce n'est plus l'instrument que j'écoute mais l'instrumentiste que je rencontre !

 

L'oreille s'est formée pour mon instrument.

Et par mon instrument. 

STUDIO MARSYAS
STUDIO MARSYAS
STUDIO MARSYAS

Le basson


Plus tard, j'apprends un autre instrument de l'orchestre, le basson.

 

Quelle drôle d'idée ?! Auparavant, c'est tout juste si je l'avais remarqué au fin fond de l'orchestre. Mais maintenant je me rends compte qu'il n'y a pas que les aigus qui comptent. Et même, que les graves sont une colonne indispensable qui soutient toute la musique. D'ailleurs, comme j'ai moins à faire, j'écoute plus. Et je me rends compte qu'il y a autre chose que la flûte... que le basson a aussi (peut aussi avoir !) un son remarquable ! Et de merveilleux solos d'orchestre !

 

Au début, mon professeur me donne des anches.

Puis, quand je suis plus avancé, je commence à les faire moi-même.

Les monter ? Ça va encore… Mais créer le son, c'est une autre paire de (m)anches !

 

Ainsi le grattage change, à des endroits très précis, l'épaisseur de l'anche et donc, la teneur du son.

On ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs… les premières (les anches, pas les omelettes) iront rapidement à la poubelle ; mais j'apprends, j'expérimente !

 

Et puis je parviens à trouver le "grattage" qui me convient.

 

Et mon grattage s'est perfectionné… et mon oreille avec !

 

Comme pour la flûte, j'apprends à aimer tel bassoniste puis à le reconnaître. A faire la différence entre un basson français et un basson allemand (avant je n'avais pas réalisé qu'il y avait deux factures différentes...)

Lèvre, lime et tympan


La flûte et le basson m'ont appris qu'un son peut être sourd ou timbré, sombre ou clair, chaud ou froid et, qu'entre les deux extrêmes, il y a toute une palette de couleurs !

  

D'ailleurs, c'est pareil pour la couleur de l'image - dessin, peinture, photo...

 

Et c'est pareil pour la prise de son.

 

Selon que l'on choisit tel ou tel micro, qu'on l'installe ici ou là, qu'on l'oriente comme ci ou comme ça… 

Je retrouve alors cette impression de confectionner le son dans mon enregistrement, comme je confectionne le son avec mes lèvres ou avec ma lime sur mes anches...

 

Tout se recoupe.

 

STUDIO MARSYAS
STUDIO MARSYAS
STUDIO MARSYAS
Studio Marsyas Bruel & Kjaer
Studio Marsyas Bruel & Kjaer

L'écoute de la polyphonie


Parallèlement à l'étude des instruments, j'apprends l'écriture musicale : trouver des accords, écrire d'autres voix à partir d'une mélodie... Que cette mélodie soit aiguë (ce que l'on entend par réflexe) ou que ce soit une basse (ça, en général, on n'y prête moins attention…).

 

L'Oreille, à l'image du prisme qui permet la diffraction de la lumière blanche en toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, à l'écoute d'une "masse" polyphonique, se met à distinguer les différentes voix musicales superposées. On finit par entendre, reconnaître des notes, des sons, des instruments, qui auparavant étaient flous, lointains.

 

Le micro, le meilleur qui soit : celui qui est notre tympan ! devient un matériel de meilleure qualité !